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Réalisé par : FOGANG YANICK (Juriste diplômé en Sciences juridiques et politiques. Titulaire d’une maîtrise en Droit des affaires, et d’un Master en Droits de l’homme-Droit Pénal International-Droit International Humanitaire). « Université de Dschang »
Résumé élaboré à partir du cours dispensé par le Pr. Jacques Chatue (Université de Dschang).
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION …………………………………………………………………………………………
• Contexte camerounais : crise des valeurs et classement de Transparency International ……………
• Objet central du cours : la notion d’éthique et son importance …………………..
• Problématique fondamentale ……………………………………………………………….
• Intérêt théorique et pratique ……………………………………………………………….
• Défis et enjeux contemporains …………………………………………………………….
• Méthode et finalité de l’enseignement …………………………………………………..PARTIE I : LA NOTION D’ÉTHIQUE ……………………………………………………………..
CHAPITRE 1 : APPROCHE ÉTYMOLOGIQUE ET CONCEPTUELLE ………………..
A. Les Fondements Étymologiques : « Ethè », « Ethos », « Ethikos » …………..
• « Ethè » : le style de vie choisi délibérément ………………………………………….
• « Ethos » : les mœurs et normes collectives …………………………………………..
• « Ethikos » : le questionnement philosophique et scientifique ……………………
B. À Retenir ………………………………………………………………………………………..CHAPITRE 2 : L’ÉTHIQUE EN CONTEXTE : DISTINCTIONS ET COMPLÉMENTARITÉS ……………………………………………………………………………………….
A. L’Éthique et la Morale ………………………………………………………………………
• Définition et recul de la morale …………………………………………………………….
• Distinction et complémentarité avec l’éthique …………………………………………
B. L’Éthique et le Droit ………………………………………………………………………….
• Fondements du droit et rôle de l’éthique ………………………………………………..
• Interaction entre légalité et moralité ……………………………………………………..
C. L’Éthique et la Religion …………………………………………………………………….
• Fondements religieux et distinction avec l’éthique …………………………………..
• Renforcement mutuel des approches ……………………………………………………
D. À Retenir ………………………………………………………………………………………..PARTIE II : LE RÔLE DE L’ÉTHIQUE DANS LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ET POUR L’INTÉGRITÉ …………………………………………………………………
CHAPITRE 1 : COMPRENDRE ET COMBATTRE LA CORRUPTION …………………
A. Définition et Impacts de la Corruption …………………………………………………
• Étymologie et nature corrosive …………………………………………………………….
• Formes et conséquences sur la société …………………………………………………
B. Le Cadre Légal et Institutionnel de Lutte au Cameroun ………………………….
• Instruments de lutte : CONAC, ANIF, TCS, SNLCC, MEPRODEC …………….
• Limites de l’approche répressive et nécessité de la conviction …………………..CHAPITRE 2 : LA PROMOTION DE L’INTÉGRITÉ COMME ANTIDOTE …………….
A. L’Intégrité, Fondement de la Dignité Objective ……………………………………..
• Définition et caractère personnel de l’intégrité …………………………………………
• Leadership moral et effet d’entraînement social ………………………………………
B. L’Intégrité, Conséquence d’une Citoyenneté Substantielle ……………………..
• Citoyenneté active et accomplissement des devoirs …………………………………
• Civisme et responsabilité environnementale ……………………………………………
• Confiance dans l’espace public et « être-ensemble » ………………………………….CONCLUSION GÉNÉRALE …………………………………………………………………………
• Optimisme raisonné et capacité de changement ………………………………………
• Rôle de l’éthique dans l’action par conviction ………………………………………….
• Éthique comme facteur d’émancipation et d’optimisme ……………………………BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE …………………………………………………………………..
I. OUVRAGES ……………………………………………………………………………………….
II. THÈSES ET MÉMOIRES ………………………………………………………………………
III. ARTICLES DE DOCTRINE …………………………………………………………………..
IV. TEXTES JURIDIQUES …………………………………………………………………………
V. AUTRES DOCUMENTS ……………………………………………………………………….
Introduction
Le présent cours s’inscrit dans un contexte camerounais et africain marqué par une crise profonde des valeurs, illustrée de manière saisissante par le classement du Cameroun comme « pays le plus corrompu au monde » par Transparency International en 1998 et 1999. Cette situation a conduit à l’institutionnalisation de l’enseignement de l’éthique dans les universités, considérées comme le creuset de l’élite future.
L’objet central de ce cours est d’exposer la notion d’éthique, d’en cerner les spécificités par rapport aux concepts voisins que sont la morale, le droit et la religion, et d’en souligner l’importance cruciale dans la quête individuelle et collective de l’intégrité, notamment dans la lutte contre la corruption.
La problématique fondamentale qui sous-tend cette réflexion est la suivante : dans une société moderne caractérisée par la primauté de la réussite économique, l’affaiblissement des cadres traditionnels d’éducation morale (famille, religion, école) et la montée de l’individualisme, l’éthique peut-elle encore constituer une ressource efficace pour promouvoir l’intégrité et enrayer la corruption ?
L’intérêt de ce cours est à la fois théorique et pratique. Sur le plan théorique, il offre une clarification conceptuelle rigoureuse des fondements de l’éthique. Sur le plan pratique, il vise à outiller les futurs cadres pour une conduite personnelle et professionnelle intègre, contribuant ainsi à l’édification d’une société plus juste.
Les défis sont immenses : contrer le nihilisme ambiant, le relativisme moral et la banalisation de la corruption. Les enjeux sont la survie de l’État de droit, la consolidation de la citoyenneté et la préservation du bien commun.
La méthode employée est principalement philosophique et analytique, combinant l’étude étymologique, la distinction conceptuelle et l’examen des applications concrètes.
La finalité est de former des citoyens et des professionnels non seulement compétents, mais aussi convaincus de la nécessité de l’éthique comme socle d’une vie bonne et d’une société viable.
Partie I : La Notion d’Éthique
Chapitre 1 : Approche Étymologique et Conceptuelle
Pour saisir la richesse du concept d’éthique, il est indispensable de remonter à ses origines grecques, qui en éclairent les différentes dimensions.
1. Les Fondements Étymologiques : « Ethè », « Ethos », « Ethikos »
La compréhension de l’éthique repose sur trois piliers étymologiques grecs :
« Ethè » renvoie au « style de vie » qu’un individu choisit délibérément après une réflexion personnelle. Il s’agit d’une démarche active qui dépasse le simple mimétisme social. Alors que la société incite souvent à « faire comme les autres », l’« Ethè » pousse l’individu à « faire mieux que les autres ». Ce concept met l’accent sur la responsabilité personnelle, l’estime de soi et le labeur comme moyens de se réaliser. Il invite à s’émanciper des références exclusives à la tradition, à l’ethnie ou à la lignée, pour assumer la pleine responsabilité de son existence.
« Ethos » se traduit par les « mœurs », c’est-est-à-dire l’ensemble des normes, habitudes et valeurs collectives qu’une société valorise, transmet et institutionnalise. Ces mœurs constituent la « personnalité de base » d’un peuple et forment le socle axiologique qui cimente la vie commune et donne un sens à l’existence. Comme l’a souligné Montesquieu dans L’Esprit des lois, la diversité des lois s’explique en partie par la diversité des mœurs. Il importe de respecter ces mœurs avant de les juger, afin de pouvoir les faire évoluer de l’intérieur, plutôt que de les subir comme une imposition ou de les rejeter en bloc.
« Ethikos » désigne le questionnement philosophique et scientifique sur les principes devant guider l’action humaine. C’est la dimension réflexive et critique de l’éthique. Ce questionnement peut porter sur le sens des concepts (méta-éthique), sur la source des valeurs (éthique normative) ou sur l’application des principes à des situations concrètes (éthique appliquée). Des philosophes comme Aristote, avec son Éthique à Nicomaque, ou Emmanuel Kant, avec sa Métaphysique des mœurs, illustrent cette démarche qui consiste à soumettre le bien et le mal à l’examen de la raison, plutôt qu’à une acceptation passive.
2. À Retenir
Pour chaque personne et pour chaque peuple, l’estime de soi facilite l’ouverture aux autres.
Chapitre 2 : L’Éthique en Contexte : Distinctions et Complémentarités
L’éthique n’évolue pas en vase clos. Sa spécificité et son utilité se comprennent en la situant par rapport à d’autres systèmes normatifs qui structurent la société.
1. L’Éthique et la Morale
La morale peut être définie comme l’ensemble des règles du bien, établies dans la conscience humaine, dont le but est de conduire l’individu vers sa dignité et sa respectabilité. Elle vise le perfectionnement intérieur et s’appuie sur la conscience comme juge de nos intentions et de nos actes, suscitant des sentiments comme le regret, le remords ou la repentance. Pour Schopenhauer, son contenu essentiel est d’« éviter de blesser autrui, songer plutôt à l’aider ».
Cependant, la morale est aujourd’hui en recul, minée par le nihilisme et un individualisme qui privilégie l’apparence et les civilités superficielles au détriment de la dignité intérieure.
La distinction avec l’éthique, bien que les deux termes partagent la même étymologie (« ethikos » en grec, « moralis » en latin), est donc nécessaire. La morale, d’esprit plus pratique et concret (influence romaine), tend à stabiliser les normes et à prescrire des conduites. L’éthique, d’esprit plus théorique et abstrait (influence grecque), questionne la morale, la discute, l’approfondit et la clarifie. Face à un dilemme moral complexe, l’éthique offre les outils pour une réflexion éclairée. Inversement, face à une destruction totale des normes, la morale rappelle la nécessité de repères stables. Elles sont donc complémentaires : « On ne peut en supprimer l’un qu’en supprimant le bâton lui-même ».
2. L’Éthique et le Droit
Le droit est l’ensemble des règles sociales, officielles, obligatoires et impersonnelles, garanties par la contrainte étatique. Son efficacité repose en premier lieu sur la peur de la sanction.
Cependant, une loi ne devient véritablement efficace que si elle emporte l’adhésion des citoyens, si elle est perçue comme légitime et juste. C’est ici qu’intervient l’éthique. Elle permet au droit de ne pas reposer uniquement sur la coercition, mais aussi sur la conviction. En nourrissant le débat public sur la justesse des lois, en exigeant des parlementaires qu’ils motivent leurs choix et des magistrats qu’ils justifient leurs décisions, l’éthique renforce la citoyenneté et le patriotisme. Elle évite l’arbitraire et maintient le droit sous surveillance intellectuelle et morale.
Dissocier absolument la légalité de la moralité peut conduire à des situations profondément injustes, comme l’illustre l’adage latin « Summum jus, summa injuria » (Une trop grande justice est une plus grande injustice). L’éthique assure ainsi la flexibilité et l’amélioration morale constante du droit.
3. L’Éthique et la Religion
La religion est la tentative d’établir une relation effective entre l’homme et Dieu. Elle valorise le bien en le fondant sur une obéissance à une volonté divine, Lire la suite…

